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(FR) Covid-19 - Temoignage d'Antoine Orsini CEO de Lemon Way

(FR) Covid-19 - Temoignage d'Antoine Orsini CEO de Lemon Way

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PCN est une agence de recrutement et de média spécialisée dans les Fintechs. Nous avons rencontré Antoine Orsini, CEO de Lemon Way, qui nous donne son point de vue sur cette crise, l’impact qu’elle a sur l’activité de cette fintech française ainsi que les dispositifs mis en place pour surmonter au mieux cette période de confinement. 

Lemon Way est un Établissement de Paiement pan-européen qui propose une solution dédiée aux places de marché, plateformes de financement participatif, ainsi qu’aux grands groupes nécessitant des services de paiement et de collecte de fonds pour le compte de tiers dans un cadre sécurisé et réglementé (KYC, lutte anti-fraude).




Quels sont les moyens que Lemon Way met en place pour faire face à cette crise? 

“Au-delà d’être une Fintech, Lemon Way est un établissement de paiement et donc une société régulée avec un certain nombre de devoirs et d'obligations. L'un de ces devoirs est de pouvoir assurer notre service quel que soit le contexte. Que le monde s'écroule ou non, nous devons être en mesure d'assurer notre service. 

Nous n’avons pas fait une offre globale auprès de nos clients pour la simple et bonne raison que nous servons une multitude d'entreprises différentes et celles-ci n'ont pas forcément les mêmes besoins. Toutefois nous restons à l'écoute de ce que nos clients ont à nous dire. Vis-à-vis de l'extérieur, tout ce qu'on peut faire c’est communiquer avec nos clients pour apporter un maximum de soutien. Mais également de façon très ponctuelle apporter des solutions de report de factures ou de report d'encaissements pour des clients plus lourdement touchés.”

 

Si vous deviez comparer les Fintechs et les banques, quel secteur, selon-vous, est le plus impacté dans cette crise? 

“Cette question à plusieurs angles. 

Est-ce que financièrement les banques vont plus souffrir?  Non, car elles ont plus de fonds et de trésorerie. Elles ont une surface financière plus importante que les Fintechs, qui sont généralement de jeunes entreprises financées par des fonds d'investissements, quand les banques sont finalement à l'équilibre voir largement bénéficiaires. Elles ont un matelas financier plus épais que celui des Fintechs et souffriront moins d’un point de vue financier. 

En revanche est-ce que les banques ont cette capacité à garder tout le monde dans la course et rallumer l’ensemble de leurs métiers avec autant d’agilité que les Fintechs? Je ne crois pas. C’est beaucoup plus facile de bouger une entreprise de 100 personnes. Nous avons eu besoin de seulement 2 heures pour basculer l’ensemble des collaborateurs en home office! On était tous opérationnels et c'était reparti. 

Les banques, elles, ont pris beaucoup plus de temps du fait du niveau de sécurité extrême et contraignant. Les Fintechs ont des niveaux de sécurité qui sont plus agiles et une culture home office déjà très présente. On est sur des technologies plus modernes et nous avons par nature plus d'agilité.”

 

Quels sont les moyens que vous avez mis en place en interne pour faire face à cette crise?

“En interne, on a poussé un questionnaire auprès de nos collaborateurs pour leurs demander comment ils se sentent durant cette crise. Nous leur avons demandé leurs avis concernant les décisions et orientations de l'entreprise dans le cadre de cette crise. Les retours indiquent qu’ils sont plutôt confiants et que les décisions prises font sens. Ils ont l'impression plus que jamais d'être utiles à leur entreprise. On est vraiment dans un climat de communication qui est intéressant. 

Il y a quand même un peu de crispation du fait de la baisse de chiffre d'affaires qui peut être mal vécu. On reste une petite société de 90 personnes donc c'est douloureux et les collaborateurs le sentent. La communication entre les services n'est pas forcément optimale et on le comprend. Nous allons travailler dans les prochains jours et semaines pour mettre en place des dispositifs afin d’améliorer la cohésion des équipes.

En interne, on utilise Slack et nous avons créé une chaîne d’entraide où les collaborateurs peuvent partager de nombreuses astuces. Ca peut être une recette de cuisine ou des idées pour occuper ses soirées. Nous organisons aussi des challenges avec des taux de participations plutôt élevés. Cette semaine on a un challenge cuisine : Quelle est la meilleure recette de cuisine pendant le confinement? 

On essaie de garder une vraie cohésion et de mettre en place des outils qui nous permettent de conserver un semblant de vie collective alors que l’on est chacun chez soi.”

 

Continuez-vous a recruter? 

“Nous avons la chance d'être une entreprise en croissance, donc nous n’avons pas gelé nos recrutements. Cet événement met néanmoins un cran d'arrêt dans notre croissance mais il faut continuer à réfléchir et à préparer le lendemain de la crise.  On peut imaginer qu’en 2021, on sera passé à autre chose sans oublier les enseignements appris et en prenant davantage de précautions.  

Depuis le début de la crise, trois nouveaux collaborateurs nous ont rejoint et deux arrivent la semaine prochaine. Je n'ai ni ralenti ni décalé les arrivées des collaborateurs prévues pendant cette période inédite.”