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(FR) Epargner en temps de crise: Marc Tempelman, co-fondateur de Cashbee nous livre son point de vue

(FR) Epargner en temps de crise: Marc Tempelman, co-fondateur de Cashbee nous livre son point de vue

Le Covid-19 pousse les français à changer leurs comportements de consommation. Confinement oblige, nous faisons tous des économies dues à l'impossibilité d’effectuer des achats de conforts. Les français semblent vouloir se réconforter et s'assurer une sécurité en ces temps troubles. Epargner semble être la solution plébiscitée par de nombreux ménages.

Dans ce contexte, PCN est allé à la rencontre de Marc Tempelman co-fondateur de Cashbee pour recueillir son avis d’expert sur le sujet. 

Cashbee est un établissement de paiement agréé par l’ACPR Banque de France et encadré par la Directive Européenne sur les Services de Paiement ayant pour objectif de simplifier l'épargne et remettre l’argent qui dort au service de tous.

 

Observez-vous un changement de comportement sur l’épargne ?

"Oui ! Fondamentalement, les Français sont de plus en plus nombreux à se soucier de leur épargne, et cette prise de conscience se produit de plus en plus tôt. Cette envie de mettre de côté, déjà largement répandue, est précipitée par la crise actuelle, mais aussi par le contexte technologique et légal en Europe (l’openbanking). Les néo-banques sont en train de sérieusement dépoussiérer le domaine de la banque retail, nous pensons que l’épargne, le crédit, l’assurance-vie etc suivront cette même tendance.

L’offre doit donc évoluer, pour permettre à ceux qui veulent épargner de le faire plus simplement, et à ceux qui épargnent déjà de le faire mieux. Car dans un environnement à taux très faibles (voire négatifs), les solutions ne sont pas forcément faciles à trouver. Soit ça ne rapporte rien, soit c’est trop complexe ou technique, soit l’effort à l’entrée est trop contraignant… Ces freins doivent être levés grâce aux outils du numériques et à un travail de vulgarisation. C’est ce que nous essayons de faire avec Cashbee avec une offre d’épargne simple, 100% digitale, rémunérée, disponible sécurisée, sans risques… bref, alignée avec les attentes actuelles

 

Selon vous, épargner plus durant une période de crise, est-ce un geste provoqué par la peur ou une réelle prise de conscience? 

Les deux mon Colonel. Les encours du Livret A, dont le taux a pourtant chuté en février dernier à 0,5% se sont envolés en mars et continuent de croître. Cela reflète selon nous plusieurs phénomènes concomitants. 

Tout d’abord, les Français ont moins dépensé à cause du confinement (30% en moins le mois dernier selon l’INSEE) et ont donc plus de cash. Par ailleurs, la dimension anxiogène de la crise en cours, crée naturellement un désir de mettre de côté sur des supports sécurisés et disponibles (ce qu’on appelle l’épargne de précaution). En parallèle, nous estimons que plus fondamentalement, il existe une prise de conscience – sans doute favorisée par le récent débat sur le financement des retraites – que notre modèle va changer, et qu’il s’agit de s’impliquer plus tôt dans la constitution de son épargne.

 

Quel est votre point de vue sur cette crise en tant que dirigeant de Fintech française? 

Il se trouve que Cashbee est une app d’épargne, un des rares domaines d’activité qui ne souffre pas de la crise actuelle, c’est presque le contraire : les gens ont moins confiance en l’avenir et sont cloîtrés chez eux, ils dépensent donc moins et épargnent plus. Mais l’incertitude gagne néanmoins certaines parties de notre écosystème. Il ne faut donc pas en minimiser l’impact. 

Pour les trimestres à venir, l’enjeu pour les Fintechs sera de prouver la robustesse de leurs propositions de valeur et de leurs modèles économiques. Statistiquement, il y aura des projets qui ne survivront pas. Mais pour ceux qui traverseront la tempête, ce sera l’opportunité de démontrer que les Fintechs sont des modèles d’innovation et d’adaptation. 

La vraie question est celle du moyen terme. Il nous semble que la crise en cours pourrait accélérer la transition – déjà en cours — vers la digitalisation des services financiers, la dématérialisation, la réduction de l’utilisation du cash, et l’open banking.

Concernant l’épargne, qui est notre sujet, nous pensons que les mêmes dynamiques joueront. L’épargnant français souhaite bénéficier de plus de fluidité, moins de paperasse et pouvoir gérer son épargne à distance. Ces tendances de fond ne feront que s’accélérer dans un monde post-Covid. Dernière remarque, et pas de moindres : nous pensons comme d’autres que la crise contribuera une prise de conscience environnementale, et à une forme de rééquilibrage. Dans ce cadre aussi, les

FinTechs ont sans doute un rôle à jouer, en facilitant l’accès à des produits répondant aux principes ESG et en favorisant les solutions vertes. Pas nécessairement par opposition aux acteurs traditionnels d’ailleurs, mais potentiellement en partenariat avec eux.

 

Au sein de Cashbee, qu’avez-vous mis en place pour faire face à cette crise? 

Nous avons immédiatement basculé en télétravail. C’est l’avantage d’être un établissement de paiement, agréé (et donc supervisé) par la Banque de France : nous sommes tenus d’avoir ce qu’on appelle un Plan de Continuité d’Activité. Testé lors des grèves nationales en décembre dernier, nous l’avons donc redéployé très naturellement et même avant l’annonce du confinement total, mais ce fut tout de même un sacré challenge : c’était le premier jour d’une nouvelle recrue ! C’est assez particulier de faire un onboarding presque totalement à distance. 

Ensuite, il a fallu s’adapter à la distanciation dans la durée. Même pour une entreprise digitale qui ne dépend pas de la présence physique pour fonctionner, le confinement présente quelques défis. Nous avons pris trois grandes décisions dans ce contexte.



1. Confiance et communication

Il aurait été difficile voire impossible de vouloir re-créer l’expérience de nos bureaux sous un format 100% à distance. Même si des outils de chat ou la visio permettent une certaine spontanéité, il nous a fallu donner beaucoup plus de responsabilités et d’indépendance à nos équipes, tout en trouvant les bonnes méthodes pour rester en contact. On a tendance à l’oublier, mais entreprendre est aussi une activité sociale.

Nous avons donc augmenté la fréquence des partages d’information et des résultats commerciaux par écrit. En outre, un meeting d’équipe hebdomadaire a été mis en place pour permettre à chacun de soulever et de débattre des sujets dont on aurait habituellement parlé spontanément à la pause dej, sans multiplier inutilement les visioconférences. Enfin, nous échangeons régulièrement de vive voix avec chaque membre de l’équipe. Certaines observations, critiques ou idées passent simplement mieux à l’oral. 


2. Hygiène budgétaire

Prudence oblige, nous avons ré-évalué certaines de nos dépenses. Nous avons traversé plusieurs crises lors de nos longues carrières « corporate » antérieures à Cashbee. Et bien que nous croyions fermement à un scénario de sortie de crise en «U » (chute rapide mais reprise rapide de la croissance), nous sommes obligés d’envisager le scénario en « L » (chute rapide sans reprise de la croissance). Depuis le début du confinement, notre volume d’affaires et le nombre de nos clients continuent de croître, prouvant la robustesse de notre proposition de valeur. Mais nos dépenses (marketing notamment) ont légèrement baissé. Malgré cela, pas de recours au chômage partiel, tout le monde sur le pont !


3. Solidarité

Enfin, nous sommes convaincus que c’est en temps de crise que les cultures d’entreprises se dévoilent et s’affirment. Nonobstant l’importance de la maîtrise des coûts, nous nous devions de participer à l’effort collectif. Nous avons donc mis en place une opération de soutien à La Fondation de France à laquelle Cashbee donne 1€ pour tout épargnant qui met de côté, via l’appli, au mois d’avril. L’opération a reçu un écho très favorable auprès de nos clients, que nous remercions au passage !”